Œuvres de miséricorde - Kings Sutton, Northamptonshire

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1877
Œuvres de miséricorde - Kings Sutton, Northamptonshire

Ce vitrail à trois lancettes, daté de 1877 et réalisé par Frederick Preedy, illustre les Œuvres de miséricorde telles qu’énoncées dans l’Évangile selon saint Matthieu (25, 35–36). Il présente la charité chrétienne comme l’expression concrète et quotidienne de la foi, en parfaite adéquation avec les préoccupations morales et sociales de l’anglicanisme victorien.

Lancettes principales (les Œuvres de miséricorde)

Chaque lancette associe deux actes de miséricorde, accompagnés d’une citation scripturaire tirée du discours du Christ sur le Jugement dernier.

  • Lancette gauche :
    Donner à manger à ceux qui ont faim et donner à boire à ceux qui ont soif, avec l’inscription :
    « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire. »

  • Lancette centrale :
    Accueillir l’étranger et vêtir ceux qui sont nus, accompagnés du texte :
    « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; j’étais nu et vous m’avez vêtu. »

  • Lancette droite :
    Visiter les malades et visiter les prisonniers, avec les mots :
    « J’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi. »

Les scènes sont représentées dans des cadres et des costumes contemporains, procédé typique du vitrail victorien, destiné à rapprocher l’enseignement évangélique de l’expérience quotidienne des fidèles.

Tracery et axe théologique

Dans le remplage supérieur, le Christ est figuré en majesté, assis et tenant le globe, identifié par les symboles de l’Alpha et de l’Oméga, qui affirment son autorité éternelle. Des anges l’entourent et portent des phylactères portant la sentence conclusive :

« Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Cette formule rassemble l’ensemble du programme iconographique, affirmant que chaque acte de miséricorde accompli envers autrui est reçu par le Christ lui-même.

Interprétation et style

Le vitrail illustre avec clarté le style caractéristique de Frederick Preedy, fondé sur une narration lisible, un dessin expressif mais mesuré et une palette riche sans excès. L’accent mis sur l’action charitable plutôt que sur la spéculation doctrinale reflète les valeurs centrales du christianisme victorien, où la foi se manifeste avant tout par le service et la responsabilité sociale.

Par l’association étroite du texte biblique, de scènes de la vie ordinaire et d’une conclusion christologique forte, ce vitrail présente les Œuvres de miséricorde non comme de simples idéaux moraux, mais comme un impératif théologique au cœur de la vie chrétienne.