Rosenkrantz, Arild

Né en 1870 au château de Frederiksborg, au Danemark, Arild Rosenkrantz était le fils du ministre danois en Italie, un milieu qui lui conféra très tôt une ouverture internationale et une familiarité avec les cultures artistiques européennes. Bien que danois de naissance, il passa l’essentiel de sa carrière à l’étranger, principalement en Angleterre, où il s’inscrivit dans le renouveau du vitrail de la fin de l’époque victorienne et du début du XXe siècle.
Rosenkrantz se forma comme peintre à l’Académie Julian à Paris, acquérant une solide maîtrise du dessin académique tout en restant attentif aux courants plus novateurs de l’art moderne. Cette double formation se reflète dans son œuvre verrière, où une rigueur formelle s’allie à une approche très personnelle de la couleur et du symbolisme.
En 1896, il séjourna pendant un an aux États-Unis, travaillant à The Decorative Stained Glass Company à New York. Il participa alors à la réalisation de la verrière commémorative de James Gallatin, installée par la suite à Wickhambreaux (Kent). Cette œuvre revêt une importance particulière en tant que premier vitrail américain exporté à l’étranger, illustrant un rare échange transatlantique dans le domaine du vitrail religieux à la fin du XIXe siècle. Durant ce séjour, Rosenkrantz conçut également une verrière pour Tiffany Studios, consacrée à Alfred le Grand, témoignant de sa capacité à travailler au sein de contextes d’atelier variés.
Sur le plan stylistique, Rosenkrantz fut profondément marqué par les préraphaélites, et en particulier par Edward Burne-Jones, dont l’élégance linéaire, l’idéalisation des figures et la force symbolique de la narration influencèrent durablement son travail. D’autres références majeures incluent William Blake, pour son imaginaire visionnaire, ainsi que J. M. W. Turner et Claude Monet, dont les recherches sur la lumière et l’atmosphère nourrirent son usage subtil de la couleur. L’œuvre de Rosenkrantz se situe ainsi à la croisée de l’idéalisme préraphaélite et d’une sensibilité plus moderne, faisant de lui une figure cosmopolite singulière du vitrail autour de 1900.