Aliénor d'Aquitaine
Née vers 1122, Aliénor d'Aquitaine ⓘ fut l'une des femmes les plus influentes du monde médiéval. Duchesse d'Aquitaine de plein droit, elle devint reine consort de deux grands monarques successifs : d'abord comme épouse de Louis VII de France ⓘ, qu'elle épousa en 1137, puis comme reine d'Angleterre par son mariage avec Henri II en 1152. Grâce à ces unions, Aliénor se trouva au cœur des réseaux politiques et dynastiques unissant la France et l'Angleterre au XIIe siècle.
Son mariage avec Louis VII fut tumultueux dès ses débuts. Des divergences de tempérament et d'opinions politiques mirent à rude épreuve leur relation, et bien que le couple ait participé ensemble à la deuxième croisade (1147-1149), les épreuves de la campagne ne firent qu'exacerber les tensions existantes. Leur mariage fut annulé en 1152, après quoi Aliénor épousa rapidement Henri d'Anjou, futur Henri II d'Angleterre ⓘ. Reine d'Angleterre, elle joua un rôle déterminant dans la consolidation de l'empire angevin.
Aliénor eut dix enfants, dont deux futurs rois d'Angleterre : Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Tout au long de sa vie, elle exerça une influence politique considérable, soutint la culture courtoise et exerça son autorité directement et par l'intermédiaire de ses fils. Sa longue carrière fit d'elle un symbole durable du pouvoir féminin, de la filiation et de la continuité dans le pouvoir médiéval.
À la fin de sa vie, Aliénor se retira à l'abbaye de Fontevraud, un établissement religieux qu'elle affectionnait particulièrement. Elle y mourut en 1204 et fut enterrée aux côtés d'Henri II et de Richard Ier. Son célèbre gisant à Fontevraud, la représentant couronnée et tenant un livre ouvert, constitue une affirmation délibérée de son rôle de reine, de son érudition et de sa mémoire dynastique, et demeure l'une des expressions visuelles les plus puissantes de l'autorité féminine dans l'Europe médiévale.