Notre-Dame de la Blanche

Ce vitrail à deux lancettes, daté de 1949, présente une image dévotionnelle moderne de Notre-Dame de la Blanche, conçue dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Dessiné par Gaston de Bodard et réalisé par le maître verrier orleanais Louis Gouffault, le vitrail unit l'iconographie mariale traditionnelle à une méditation sur le conflit, la protection et la continuité historique.
Dans la lancette de gauche, la Vierge se tient au-dessus d'un soldat ou d'un chevalier qui tend la main vers elle en signe d'imploration. Représentée en armure et dans des tons ombrés, la figure évoque à la fois le combattant médiéval et le soldat moderne, incarnant un appel universel à la miséricorde en temps de guerre.
La lancette de droite présente la Vierge comme Protectrice de Pontlevoy, couronnée et rayonnante, tenant dans ses bras une maquette de l'église. À ses pieds, des femmes offrent du blé et du raisin, symboles de renouveau, de sacrifice et d'Eucharistie.
Dans les deux panneaux, les champs environnants, semblables à des mosaïques – composés d’éclats anguleux d’un bleu vif, de pourpre et d’or – représentent des scènes de bataille de part et d’autre. Ces vignettes fragmentées de soldats et de chevaliers au combat fusionnent délibérément la guerre médiévale et la dévastation du XXe siècle en un seul continuum visuel, suggérant que les conflits humains persistent à travers les siècles tandis que la compassion divine demeure.
L’inscription à la base, « À Notre-Dame de la Blanche – priez pour nous », identifie le vitrail comme une offrande votive de gratitude pour la protection de Pontlevoy durant la Seconde Guerre mondiale. La précision géométrique de la composition, le rythme cristallin du plomb et l’éclat de sa couleur témoignent de la maîtrise technique de Gouffault et de la vision moderniste expressive de de Bodard.
L’imagerie résonne profondément avec l’identité complexe de Pontlevoy, à la fois abbaye médiévale et communauté marquée par la guerre moderne. En juxtaposant chevaliers croisés et soldats du XXe siècle, le vitrail articule la continuité de la lutte humaine à travers le temps. Dans cette synthèse d'images sacrées et martiales, la Vierge apparaît comme une gardienne immuable : une figure d'une sérénité centrale au cœur du conflit, transformant le vitrail en une prière visuelle pour la réconciliation, le souvenir et la paix.