Menu, Catherine

Bien que les informations biographiques sur Catherine Menu restent rares, ses vitraux religieux conservés la situent dans le contexte du renouveau de l'art sacré en France après la Seconde Guerre mondiale, un mouvement qui cherchait à concilier la tradition liturgique et le langage visuel du modernisme. Menu semble avoir été active des années 1970 aux années 1990, réalisant des vitraux pour les églises paroissiales du Loir-et-Cher et des départements limitrophes.
Son œuvre témoigne d'une synthèse affirmée entre abstraction et symbolisme théologique, caractéristique de la génération qui a succédé aux grandes réformes de l'art sacré initiées au milieu du XXe siècle par des figures telles que Fernand Léger, Jean Bazaine, Henri Guérin et Jacques Le Chevallier. À l'instar de ces artistes, Menu conçoit la lumière à la fois sujet et médium: la couleur devient geste, la forme, révélation. Les thèmes iconographiques traditionnels de la Passion et de la Résurrection sont rendus par des champs de verre translucide qui s'entrecroisent, leurs contours suggérant plutôt que décrivant la figure sacrée.
Les vitraux de l'église Saint-Pierre ⓘ de Meusnes comptent parmi les exemples les plus éloquents de sa démarche. Ici, la croix, l'Agneau et le Christ triomphant émergent d'un rythme de lignes brisées et de plans lumineux d'or, de rouge et d'indigo, la composition alliant austérité et lyrisme. Il en résulte un art d'une grande intensité spirituelle, exprimé par une économie visuelle remarquable – une abstraction contemplative qui invite à la méditation plutôt qu'à la lecture narrative.


Ces trois étroites fenêtres ogivales de Catherine Menu forment un récit abstrait unifié de la rédemption chrétienne, intégrant la couleur expressive, le mouvement et la lumière dans un langage résolument contemporain. Chaque fenêtre est composée de larges plans ambrés, vermillon, bleus et gris qui s'entrecroisent comme des éclats de lumière, tandis que de subtils contours peints évoquent des figures symboliques – la croix, l'Agneau de Dieu et le Christ ressuscité – émergeant de champs de couleur plutôt que représentées par une figuration traditionnelle.
Le verre n'est pas traité comme un ornement de surface, mais comme un vecteur de rayonnement spirituel. L'utilisation dominante de tons chauds, or et rouge, évoque la flamme eucharistique et la présence divine, tandis que les bleus plus froids à la base suggèrent les eaux baptismales ou la terre d'où s'élève la grâce. La composition de Catherine Menu, alliant segmentation rythmique et contrastes lumineux, rappelle le vocabulaire esthétique des vitraux français d'après-guerre, développés par des artistes tels que Jean Le Moal et Henri Guérin – un style qui visait à restaurer la lumière sacrée dans l'architecture moderne par l'abstraction plutôt que par l'illustration narrative.
L'œuvre de Catherine Menu à Meusnes appartient à une génération d'artistes régionaux actifs à la fin du XXe siècle, influencés par le renouveau du vitrail religieux après la Seconde Guerre mondiale. Bien que peu documentée, sa pratique révèle une sensibilité au symbolisme théologique, traduit par le langage moderne de la couleur et de la ligne. Il en résulte un ensemble méditatif où les thèmes antiques du sacrifice, de la résurrection et de la grâce sont réinterprétés dans le verre comme un continuum de lumière et de geste.