Sépulcre de Pâques - Neufchâtel-en-Bray, France

fin du XVe siècle – début du XVIe siècle

Easter Sepulchre

 

Ce groupe du Sépulcre de Pâques, datant de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle, représente la mise au tombeau du Christ, un sujet traditionnellement présent lors des rituels de la Semaine sainte dans le nord de la France et aux Pays-Bas. La scène se déroule sous un dais architectural peu profond et rassemble les personnages principaux qui, selon les Évangiles, ont préparé le corps du Christ pour la sépulture.

Le corps sans vie du Christ est disposé avec une grande délicatesse, ses contours allongés reposant sur un sarcophage de pierre. À droite, Joseph d'Arimathie, richement vêtu et coiffé d'un turban orné, aide à descendre le linceul. En face de lui se tient Nicodème, également richement vêtu, soutenant doucement le corps. Leurs vêtements nobles, rendus dans une polychromie encore visible aujourd'hui, témoignent de leur statut d'anciens juifs aisés qui ont pris soin de Jésus après la Crucifixion.

Derrière eux, trois Saintes Femmes assistent à la mise au tombeau. La figure centrale – la Vierge Marie – est représentée les yeux baissés, les mains jointes en signe de douleur. À ses côtés, saint Jean l'Évangéliste apparaît sous sa forme juvénile traditionnelle, touchant l'Évangéliaire qu'il porte. À droite se tient Marie-Madeleine , reconnaissable au vase d'onguent ayant servi à oindre le corps du Christ.

Ce groupe se distingue par la retenue émotionnelle typique de la sculpture normande de la fin du Moyen Âge : la douleur est exprimée non par des gestes dramatiques, mais par la douce inclinaison des têtes, le drapé soigné et le rythme sobre et contemplatif des figures. Une grande partie de la peinture originale a été conservée, notamment les délicats motifs des vêtements et des traces de dorure.

Les sépulcres pascaux étaient utilisés pendant la liturgie de la Semaine sainte : le Vendredi saint, une sculpture du Christ mort était déposée dans le sépulcre ; le matin de Pâques, elle était retirée pour symboliser la Résurrection. Bien que de nombreux ensembles de ce type aient été détruits au cours des siècles suivants, le groupe de Neufchâtel-en-Bray demeure un témoignage rare et éloquent de cette tradition en Normandie.