Vitraux médiévaux

Un ensemble important de vitraux médiévaux subsiste au prieuré de Great Malvern, bien que leur état et leur intégralité varient considérablement d'une fenêtre à l'autre. Plusieurs fenêtres majeures du XVe siècle sont restées en grande partie intactes, notamment la fenêtre du Magnificat, la fenêtre du Fondateur et les vitraux de la chapelle de la Vierge. Ailleurs, la conservation est plus fragmentaire : la grande fenêtre orientale, qui fut jadis un élément dominant de l'église, ne subsiste aujourd'hui que sous forme de panneaux et de fragments dispersés, plutôt que comme un ensemble complet.
Pour un catalogue détaillé des vitraux médiévaux de Malvern dans le contexte anglais plus large, voir Prieuré de Malvern (vitraux médiévaux anglais).
Le programme de vitraux d'origine à l'extrémité est du Prieuré, y compris la grande fenêtre orientale, a longtemps été associé, pour des raisons stylistiques, à l'atelier de John Thornton de Coventry, le maître verrier responsable de la grande fenêtre orientale de la cathédrale d'York (commandée en 1405). Bien qu'aucun contrat documentaire relatif à Malvern n'ait été conservé, l'ampleur, l'ambition et la qualité du vitrail oriental disparu rendent cette attribution plausible, notamment au regard des pratiques connues de patronage d'élites et d'activité des ateliers au début du XVe siècle.
Le grand vitrail oriental fut très probablement financé par Isabella Despenser et Richard Beauchamp, comte de Warwick, dont le mécénat joua un rôle central dans la reconstruction et l'embellissement du prieuré à cette époque. Leur implication inscrit le programme de vitraux dans le contexte des commandes aristocratiques de haut rang, comparables aux travaux contemporains réalisés ailleurs en Angleterre.
Les vitraux de la chapelle de la Vierge pourraient également être associés à Isabella Despenser, qui a financé la reconstruction du chœur et du côté oriental du prieuré. Le programme iconographique des vitraux de la chapelle de la Vierge correspond étroitement aux thèmes dévotionnels chers au cercle Beauchamp-Despenser. Toutefois, en l'absence de preuves documentaires directes, l'attribution de leur commande à Isabella Despenser doit rester probable plutôt que certaine.
Le vitrail du Magnificat est attribué par le Corpus Vitrearum Medii Aevi ⓘ (CVMA) à des maîtres verriers de l'entourage de William Twygge et Thomas Woodshawe, bassé sur des comparaisons stylistiques étroites avec les vitraux orientaux de Tattershall, une commande bien documentée de la fin du XVe siècle. Ces comparaisons reposent sur des types de figures similaires, des stratégies de composition et un traitement des drapés et des baldaquins architecturaux communs, et situent le vitrail de Malvern parmi des œuvres de grande qualité associées aux ateliers de vitraux liés à la cour et actifs sous le règne d'Édouard IV.
À l'inverse, le vitrail du Fondateur appartient à une phase antérieure de la vitrailterie du prieuré et est antérieur à la période yorkiste. Il a probablement été réalisé à peu près en même temps que les vitraux de la chapelle de la Vierge et s'explique davantage par le travail d'ateliers régionaux opérant dans la région de Worcester-Hereford que par celui d'un atelier royal centralisé. Son récit, centré sur la légende fondatrice du prieuré, reflète les priorités religieuses locales et le distingue du caractère plus ouvertement courtois des vitraux de la fin du XVe siècle à Malvern.