Vie de saint Martin de Tours (Baie 4)

Cette haute baie ogivale (vers 1300) est l'une des deux fenêtres présentant un cycle compact de la Vie de saint Martin ⓘ, agencé en cinq registres horizontaux, chacun divisé en deux médaillons à quatre lobes ⓘ. La séquence met en lumière la charité de Martin, ses épreuves spirituelles, son autorité épiscopale et son pouvoir miraculeux en tant que missionnaire et évêque. Le vitrail est caractéristique du début du XIVe siècle à Tours, avec des bleus et des rouges intenses, une peinture linéaire précise et des détails narratifs vivants.
Registre 1 – Bas

À gauche : Saint Martin partage son manteau
Martin, encore soldat de la cavalerie romaine, passe à cheval devant un mendiant transi de froid. De son épée, il coupe son manteau militaire en deux, offrant ainsi de la chaleur au pauvre homme. C'est l'acte fondateur de sa vocation : la miséricorde précédant la foi. À droite : Des passants témoignent de la charité de saint Martin
À droite : Des passants témoignent de la charité de Saint Martin
Deux spectateurs, à cheval et richement vêtus, manifestent leur surprise en observant l'acte de Martin. Leur présence souligne le caractère exemplaire de ce geste : la charité chrétienne triomphe des honneurs terrestres.
Registre 2

À gauche : Le manteau est rendu
Le Christ apparaît à Martin – souvent représenté vêtu de vêtements resplendissants – et lui rend le demi-manteau, louant sa charité. Cette vision confirme la vocation de Martin et marque sa conversion intérieure.
À droite : Un moine saint lui apparaît
Un moine auréolé (interprété de diverses manières comme un compagnon visionnaire ou une figure sainte associée aux débuts de la vie monastique de Martin) apparaît aux côtés de Martin, lui offrant un soutien spirituel. La scène met en évidence la sainteté croissante du saint et sa vocation monastique.
Registre 3

À gauche : Un démon fait trébucher saint Martin – Un ange le sauve
Alors que Martin monte une échelle ou s'approche d'un bâtiment, un petit démon ailé tente de le faire tomber. Un ange intervient, saisit Martin et chasse le démon. C'est l'une des images les plus singulières du cycle, illustrant le combat spirituel et la protection divine de Martin.
À droite : Saint Martin est intronisé évêque
Martin, qui avait d'abord hésité à accepter la charge épiscopale, est représenté lors de sa consécration, c'est-à-dire assis sur son trône épiscopal. Les deux clercs qui l'assistent lui posent la mitre. Ceci marque son élévation au rang d'évêque de Tours.
Registre 4

À gauche : Un ange apparaît à saint Martin pendant son sommeil
Martin est alité et reçoit une vision céleste. L'ange annonce un miracle à venir ou lui offre un encouragement divin. L'hagiographie médiévale rapporte de nombreuses visions oniriques de ce genre au cours de sa vie.
À droite : Saint Martin devant l'empereur Valentinien
Martin se tient fièrement devant l'empereur Valentinien, refusant de se laisser intimider par l'autorité impériale. Valentinien, couronné et trônant, lève la main, stupéfait ou protestant, tandis que Martin accomplit le geste de bénédiction ou d'exhortation. Cette scène souligne la défense intrépide de l'Église par le saint.
Registre 5 – En haut

À gauche : Le miracle du pin
Martin fait face à des païens qui s'apprêtent à abattre un pin sacré. Lorsqu'ils le défient, il reste ferme ; miraculeusement, l'arbre qui tombe se retourne et s'effondre dans la direction opposée, l'épargnant. Ce miracle fut essentiel à la conversion de la campagne autour de Tours.
À droite : Saint Martin baptisant
Martin baptise dans des fonts baptismaux grands et richement décorés, accompagné de clercs. Le nouveau converti s'agenouille ou se penche en avant pour recevoir le sacrement. Cette dernière scène résume sa mission pastorale et la diffusion du christianisme en Gaule.
Résumé de la baie 4
Ce vitrail présente un portrait théologique complet de saint Martin :
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soldat charitable,
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converti visionnaire,
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combattant du mal,
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évêque et enseignant,
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thaumaturge,
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évangéliste.
Son association avec un autre vitrail de saint Martin dans la cathédrale forme l'un des plus importants cycles médiévaux du saint encore conservés en France.