Saint Wilfred
Saint Wilfrid (c. 634–709) fut l’une des figures les plus marquantes et les plus controversées de l’Église anglaise primitive. Évêque, réformateur et fondateur de monastères, il joua un rôle décisif dans l’alignement de l’Église anglaise sur les usages romains au VIIe siècle.
Issu d’une famille noble de Northumbrie, Wilfrid reçut une formation en Angleterre puis sur le continent, notamment lors d’un long séjour à Rome. Cette expérience renforça son attachement à la liturgie romaine, au droit canon et à l’organisation ecclésiastique. Son intervention la plus célèbre eut lieu lors du synode de Whitby en 664, où il défendit avec succès l’adoption des usages romains face aux traditions celtiques.
Il fut nommé évêque d’York, mais son épiscopat fut marqué par des conflits répétés avec les autorités politiques et religieuses, entraînant dépositions et exils successifs. Malgré ces difficultés, il fonda et développa de nombreux monastères et églises, notamment à Ripon et Hexham, et introduisit en Angleterre une architecture religieuse en pierre inspirée des modèles continentaux.
Dans les dernières années de sa vie, Wilfrid poursuivit une activité missionnaire et n’hésita pas à faire appel directement à la papauté pour défendre sa cause. Il mourut en 709 et fut inhumé à Ripon, qui devint le centre principal de son culte.
Dans l’art, saint Wilfrid est généralement représenté en évêque, vêtu de la mitre et des ornements liturgiques, tenant une crosse et un livre. Il peut être accompagné d’un modèle d’église, soulignant son rôle de fondateur et de bâtisseur. Son iconographie met l’accent sur l’autorité épiscopale, l’enseignement et l’adhésion à la tradition romaine.