Concile de Rome (Carême 1074)
En février 1074, le pape Gregory VII convoqua à Rome un synode réformateur, généralement identifié comme le synode de Carême de 1074.1 Cette assemblée s’inscrivait dans le vaste mouvement de réforme grégorienne ⓘ visant à purifier l’Église et à renforcer l’autorité pontificale.
Le concile déclara que ceux qui avaient été promus aux ordres sacrés ou à une charge ecclésiastique par simonie ⓘ, c’est-à-dire par paiement d’argent, seraient privés du droit d’exercer leur ministère. Les églises obtenues par transaction financière devaient être retirées à leurs détenteurs, et il fut formellement interdit d’acheter ou de vendre toute charge ecclésiastique.
Le synode réaffirma également l’obligation du célibat ecclésiastique. Les clercs mariés ne devaient plus célébrer la messe ni servir à l’autel. Fait notable, les fidèles furent invités à refuser les ministères de ceux qui désobéiraient à ces décisions, afin que la honte publique et la réprobation des laïcs contribuent à leur amendement.
Ces mesures accrurent les tensions entre la papauté réformatrice et les pouvoirs laïcs qui exerçaient traditionnellement une influence sur les nominations ecclésiastiques. Le concile de 1074 constitue ainsi une étape décisive vers la querelle des Investitures ⓘ et la redéfinition de la gouvernance de l’Église médiévale.