Mariage d’Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine 1152

Le 18 mai 1152, le jeune Henry II of England ⓘ, alors âgé de dix-neuf ans et encore duc de Normandie, épouse à Poitiers Eleanor of Aquitaine ⓘ, duchesse d’Aquitaine en son propre droit. La cérémonie eut probablement lieu dans la cathédrale Saint-Pierre ⓘ. Cette union allait profondément transformer l’équilibre politique de l’Europe occidentale.
Quelques semaines auparavant, le mariage d’Aliénor avec Louis VII of France ⓘ avait été annulé. Héritière de l’immense duché d’Aquitaine, elle devenait l’un des partis les plus convoités du royaume de France, au risque d’être enlevée et contrainte à un nouveau mariage. Les chroniques rapportent des tentatives d’interception, notamment par Louis de Blois et par Geoffroy d’Anjou, frère cadet d’Henri. Aliénor parvint cependant à rejoindre Poitiers et fit prévenir Henri en Normandie ; le mariage fut célébré peu après.
Les conséquences furent considérables. Par Aliénor, Henri ajouta l’Aquitaine à ses possessions d’Anjou et de Normandie. Lorsqu’il devint roi d’Angleterre en 1154, cet ensemble territorial s’étendait de la frontière écossaise aux Pyrénées — ce que l’on désigne plus tard comme l’« Empire Plantagenêt ».
Entre 1153 et 1166, Aliénor donna naissance à huit enfants, dont sept atteignirent l’âge adulte et contractèrent des alliances dynastiques. Parmi eux :
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Henri le Jeune Roi
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Richard (futur Richard I of England ⓘ)
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Geoffroy, duc de Bretagne
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Jean (futur John of England ⓘ)
Si l’alliance fut politiquement décisive, elle se révéla personnellement orageuse. En 1173, leur fils aîné survivant, Henri le Jeune Roi, se révolta contre son père avec le soutien de Louis VII. Geoffroy et Richard se joignirent à ce mouvement, connu sous le nom de révolte de 1173-1174. Après l’échec de l’insurrection, Henri II fit maintenir Aliénor sous surveillance pendant près de seize années, limitant sa liberté politique sans la retirer totalement de la vie publique.
Le mariage de 1152 marque ainsi à la fois l’apogée de la puissance angevine et le commencement d’un des partenariats royaux les plus dramatiques du XIIe siècle.