Pape Paschal II
Pascal II, né Raniero Ranieri, ancien moine clunisien, poursuivit le programme réformateur de ses prédécesseurs, notamment les papes Gregory VII et Urban II. Élu pape en 1099, son pontificat fut presque entièrement dominé par la Querelle des Investitures, conflit portant sur la question de savoir si les souverains séculiers pouvaient nommer les évêques et les principaux responsables ecclésiastiques.
Le conflit déterminant de son règne fut son affrontement prolongé et difficile avec l’empereur du Saint-Empire romain germanique Henry V. Pascal maintint d’abord une opposition ferme à l’investiture laïque, fidèle aux principes de la Réforme grégorienne ⓘ. En 1111, toutefois, sous une forte pression politique et militaire, il fut contraint d’accepter un compromis concédant des avantages importants à l’empereur. Cet accord fut largement condamné au sein de l’Église comme humiliant et fut rapidement révoqué par Pascal lui-même. L’épisode affaiblit néanmoins l’autorité pontificale et révéla les limites de l’idéalisme réformateur face à la puissance impériale.
Malgré ces revers, Pascal II continua de promouvoir le célibat ecclésiastique, de résister aux ingérences séculières dans les nominations ecclésiastiques et de défendre l’indépendance du siège apostolique. Il soutint également la consolidation des acquis territoriaux et institutionnels de la Première Croisade, maintenant des liens avec les nouveaux États latins d’Orient.
Son pontificat fut marqué par des contestations répétées et par des tensions avec les souverains d’Allemagne, de France et d’Angleterre, toutes liées à la question plus large de l’investiture. Il mourut en 1118, associé à l’une des phases les plus intenses et les plus éprouvantes du conflit qui transforma durablement les relations entre l’Église et les pouvoirs laïques en Europe médiévale.