Mathilde l'Emperesse
Mathilde, fille d’Henri Ier d'Angleterre ⓘ, fut désignée héritière du trône d’Angleterre. Bien qu’elle ne fût jamais couronnée reine, elle fut reconnue par ses partisans comme souveraine légitime et exerça brièvement une autorité effective pendant la guerre civile dite « Anarchie » (1135–1153).
Son conflit avec Étienne d'Angleterre ⓘ marqua un moment décisif dans l’histoire de la succession anglaise.
Jeunesse et mariage impérial
En 1114, Mathilde épousa Henri V et fut couronnée impératrice. Veuve en 1125, elle retourna en Normandie. Après la mort de son frère Guillaume Adelin en 1120, Henri Ier fit prêter serment à ses barons de reconnaître Mathilde comme héritière.
Son mariage avec Geoffroy d’Anjou renforça l’influence angevine, tout en compliquant son acceptation en Angleterre.
Revendication du trône (1135)
À la mort d’Henri Ier en 1135, Mathilde se trouvait en Normandie. Étienne s’empara rapidement de la couronne malgré son serment antérieur.
En 1139, Mathilde débarqua en Angleterre pour faire valoir ses droits. La guerre civile qui s’ensuivit divisa la noblesse et affaiblit l’autorité royale.
L’Anarchie et le titre de « Dame des Anglais »
En 1141, Étienne fut capturé à la bataille de Lincoln. Mathilde entra à Londres et fut proclamée « Dame des Anglais ». Toutefois, l’opposition dans la capitale empêcha son couronnement. Étienne fut libéré, et le conflit se poursuivit sans issue immédiate.
Règlement et héritage
Le traité de Wallingford (1153) mit fin au conflit : Étienne reconnut le fils de Mathilde, le futur Henri II d'Angleterre ⓘ, comme héritier. À la mort d’Étienne en 1154, Henri monta sur le trône sans opposition majeure.
Si Mathilde ne fut jamais couronnée, son rôle fut déterminant dans l’établissement de la dynastie angevine.