Couronnement de la Vierge

Cette scène représentant le Couronnement de la Vierge fait partie du vitrail du Magnificat de 1501, situé dans le transept nord du prieuré de Great Malvern. Elle s'étend sur trois lancettes, soulignant ainsi son importance théologique et sa place prépondérante au sein de l'ensemble vitrail. Le sujet, inspiré de la dévotion mariale de la fin du Moyen Âge, célèbre l'exaltation de Marie au ciel après son Assomption, un thème étroitement lié à l'importance accordée dans le Magnificat à l'humilité récompensée par la grâce divine.
Au centre de la composition, la Vierge Marie ⓘ se dresse de face sur un fond d'or rayonnant, inscrite dans une vesica d'un bleu profond, forme traditionnellement utilisée pour symboliser la présence sacrée et la gloire céleste. La vesica fait office de seuil visuel entre le terrestre et le divin, isolant la Vierge dans un espace de transcendance. Au-dessus d'elle, la composition comprenait à l'origine les figures de Dieu le Père et du Christ, aujourd'hui disparues, dont la présence aurait complété la structure trinitaire du Couronnement. L'Esprit Saint, représenté par une colombe, surplombe la tête de la Vierge, préservant un élément essentiel de l'iconographie originelle.
De part et d'autre de la vesica centrale se dressent des figures issues de l'Ancien Testament et de l'histoire sacrée, disposées de manière à souligner la continuité entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance. À gauche, Adam, reconnaissable à sa bêche, apparaît comme l'ancêtre de l'humanité dont la chute a rendu nécessaire la rédemption, tandis que le roi David, tenant une lyre, représente à la fois la royauté et la préfiguration prophétique du Christ. Leur position souligne le rôle de Marie dans l'histoire du salut, reliant la Chute à son accomplissement rédempteur.
À droite, un groupe d'anges, dont l'un joue de la harpe, occupe la partie supérieure, renforçant le caractère céleste du Couronnement. En dessous d'eux se tient Moïse, traditionnellement représenté comme le porteur de la Loi, suivi d'une figure endommagée ou incomplète, dont l'identité est aujourd'hui incertaine. À la base apparaît Abraham, portant une épée, allusion au sacrifice et à l'obéissance, et rappel de la lignée patriarcale menant à l'Incarnation.
Malgré les pertes et la fragmentation, la composition demeure lisible et expressive. Le fort contraste entre le fond doré chatoyant et les bleus profonds de la vesica, combiné à la gestuelle animée et aux attributs des figures environnantes, témoigne de la richesse et de l'assurance des vitraux anglais de la fin du Moyen Âge, au tournant du XVIe siècle. La scène fonctionne à la fois comme une affirmation théologique et comme un point culminant visuel au sein du vitrail du Magnificat, affirmant le statut exalté de Marie tout en la situant dans le récit biblique.
En tant qu'élément subsistant d'une commande royale passée par Henri VII, cette scène du Couronnement conserve une signification historique et spirituelle particulière. Même inachevée, elle révèle l'ambition du programme initial et la sophistication avec laquelle les maîtres verriers médiévaux intégraient doctrine, symbolisme et splendeur visuelle dans une conception monumentale unifiée.